"Seul la longueur et la dureté de l’aventure permettent de se retrouver avec soi-même, de réaliser un voyage intérieur au plus profond de son corps et de découvrir des ressources morales et physiques jusqu'alors insoupçonnées. Le corps humain est une machine tantôt surprenante tantôt merveilleuse avec une capacité d’adaptation hors du commun"

World Championships 2016 – Ultra Trail – 6th

*English Below* Voilà c’est fait et bien fait, que d’émotions pour cette première participation aux championnats du monde IAU d’Ultra Trail, sous l’égide de la fédération internationale d’athlétisme IAAF, avec un plateau des plus imposants, probablement la course la plus dense de l’année, avec une superbe 6ème place à la clé! Que demandez de plus pour finir l’année 2016? Une cérémonie d’ouverture vendredi simple mais pleine d’émotion et de convivialité à l’image de ce sport, dans les rues de Braga, au Portugal. J’ai l’honneur d’être le porte drapeau de la délégation suisse (3 hommes et 3 femmes). Après la marche de toutes les délégations et quelques discours officiels plus tard, me voilà à quelques heures du grand départ ! Un dernier repas avec la famille et les amis présents sur place avant de préparer les derniers détails et de se coucher vers 21h30 ! 15194410_922469231219290_8261929589459102088_o Le réveil sonne à 2h, petit-déjeuner à 2h30 et départ des bus vers la ligne de départ située à 45min vers 3h30 ! Finalement avec le retard des bus de l’organisation, nous arrivons 15 petites minutes avant le coup de feu prévu à 5h, pas le temps de se chauffer ! Je me place sur la ligne et BOOM…c’est parti pour 85km et 4800 m D+ ! Un départ rapide mais en groupe, tout comme la première montée, les français prennent la main pour contrôler la course, suivi des espagnols et de quelques brebis égarées comme un italien, un lituanien, le népalais, un américain ou moi-même ! J’en profite pour me mettre dans ma bulle, me relaxer, le rythme me convient très bien… Je m’amuse et je me sens bien, la course sera suffisamment difficile par la suite pour ne pas s’emballer ! La nervosité est palpable, les positions coûtent cher, à chaque virage, chaque micro côte ou mini descente le classement est modifié et des coureurs se faufilent de l’arrière ! En haut de la première côte je me replace car je sais que la descente qui suit est technique, je ne veux pas être enfermé, je me cale dans le peloton des français, dans l’aspiration ! Luis Alberto m’emboîte le pas, je vois qu’il ne me connaît pas et de ce fait m’ignore quelque peu… Je lui touche deux mots en espagnol, il lève la tête, étonné, comme s’il était rassuré que toute la bande ne parle pas que français… 15167707_922473937885486_5519412665983738824_o Dans la descente, à chaque partie très technique, des bouchons se forment provocant des bousculades, je suis victime de l’une d’elle, Scott Hawker le kiwi néozélandais ne freine pas derrière moi et me précipite dans un mètre d’eau, j’ai les pieds trempes et nous venons à peine de franchir le 9ème km ! Belle opération ! J’espère que ça ne va pas macérer pendant des heures et me provoquer des ampoules… Ni une ni deux je me remets dans ma course, ces événements font partie de l’aventure, il faut s’en accommoder ! Nous arrivons au premier ravito et c’est la ruade pour remplir les flasques…je perds 45 secondes dans l’affaire sur la tête de course mais nous sommes un groupe de 15 devant. L’américain Tyler Sigl a tenté de s’envoler un instant puis est rentré dans le rang sous le contrôle du clan français ! Une partie vallonnée et une montée plus loin le groupe se réduit et on aperçoit nos poursuivants à environ 1 minute ! Etonnant de ne pas voir Hugenschmidt, Andy, Pau, Tom Owens et bien d’autres ! Ils sont sûrement en embuscade… 15167484_922474917885388_1921440536821983606_o Nous abordons la grande descente avant le premier ravitaillement technique, je sais que je vais prendre plus de temps que mes collègues de balade, je me laisse donc aller dans la descente avec Benoît Cori, personne ne suit, nous creusons un petit écart, environ 30-45 secondes. Extraordinaire d’arriver en 2ème position d’un championnat du monde après 30km, qui m’aurait annoncé ça il y a 4 ans quand je débutais dans ce sport…en tout cas je n’aurais pas parié un centime ;-) Ravitaillement super bien maîtrisé par Maya, je prends le temps de manger qqch et je prendre les bâtons plus la recharge de nourriture et boisson !5 coureurs repartent avant moi. Dans la montée de 600m d+ qui suit, nous nous retrouvons donc 8 en tête, 5 français, Sylvain tenant du titre, Nico, Ben, Michel et Ludo récent vainqueur de l’UTMB, juste derrière Luis alberto, l’ours espagnol, Tofol, la puce du trail et votre serviteur et son nœud pap…. Derrière ça n’est pas loin mais ils ne sont plus au contact. 15156998_922474477885432_8908174216342935065_o Luis Alberto remonte à mes côtés, il se souvenait que je parlais espagnol et profite pour me demander si on est bien le groupe de tête ou si une brebis a tenté de s’échapper… Je lui confirme qu’on est le leading pack… Ni une ni deux une remonte à hauteur des français et d’un très solennel « Vive la France » nous fait bien rire…le rire va durer 30 secondes, tel un bûcheron s’apprêtant à trancher une bûche, il sort ses bâtons, prend la tête et accélère !!! la suite vous la connaissez…donc je sors ;-) Non, plus sérieusement, le groupe vole en éclat, Sylvain et Nico lui emboîte le pas, ils sont costauds les deux et ne vont pas faciliter la tache de l’ogre Luis ! Un groupe de 3 se forme derrière avec Michel, Ben et Ludo, je ne veux pas me mettre dans le rouge, je les laisse légèrement partir, je mène le rythme, mon rythme devant Tofol. En haut de la bosse, les dégâts sont faits, nous sommes à 3min de la tête et juste 45sec-1min du groupe de 3 ! Tofol décroche dans la descente et je me retrouve tout seul en chasse patate en 7ème position à l’assaut du pack de français ! Dans la longue montée de la Serra Amarela (800 d+), j’aperçois le groupe de 3 une bonne centaine de mètres devant moi, je ne veux pas me mettre dans le rouge pour faire la jonction et je maintiens l’écart. A partir de la mi-montée, Michel Lanne se fait distancer et je reviens pas par pas dans son sillage. Au sommet, au ravitaillement, j’opère la jonction tout comme Aurélien Collet qui revient fort de l’arrière, nous sommes désormais un groupe de 3, en chasse à la 6ème, 7ème et 8ème place ! Quel niveau, j’ai manqué de boisson sur la fin de la montée et directement qqun revient de l’arrière ! Pas de répit, chaque coup de moins bien se paiera instantanément en terme de places ! D’ailleurs en regardant un peu derrière au ravitaillement, on constate deux trois silhouettes qui doivent être à 2 ou 3 minutes max de nous ! 15110961_922482397884640_2611899586075025537_o Ni une ni deux nous repartons groupés ! Quel plaisir de poursuivre avec ces deux bonhommes, de super types Michel Et Aurélien  et je vais pouvoir encore plus le constater ! Alors je prends la tête du petit groupe pour aborder la descente, je ne vois pas un des nombreux trous dissimulés sur ce parcours très piégeux et c’est la chute, mon genou droit tape assez violemment une pierre et pas mal d’égratignures sur les bras et les mains dont une qui va me faire modifier ma prise des bâtons dans les montées suivantes. Michel et Aurel s’arrêtent et prennent de mes nouvelles, je marche sur quelques pas pour vérifier qu’il n’y a rien de grave ! Toujours douloureux, les instants qui suivent une chute mais on ne fait pas un championnat du monde tous les jours, alors pas de fioritures et pas de chichi !!! Je suis en plus énervé contre moi-même, ce moment d’inattention aurait pu me coûter très cher… Je me relance et reprend mon rythme en descente, je double Michel et Aurel et file vers le ravito du km 55 à Lindoso ! En passant je reçois des encouragements d’Emelie Forsberg en personne quand même, elle a jeté l’éponge peu après le 30ème km et vient encourager les suédois et suédoises ! Maya m’attend au ravito, comme prévu, je change de chaussures car je commençais à sentir toutes les pierres, je passe donc des X-Talon 225 aux X-Talon 212 qui vont m’apporter un peu plus de confort sur la fin du parcours ! Les 225 ont fait leur part de travail et m’ont permis d’être extrêmement précis dans les parties techniques ! Je prends un peu plus de temps pour m’alimenter et recharger les vivres et les boissons. Michel et Aurel pourtant arrivés presque une minute après repartent 45 sec plus vite, je repars donc 8ème mais la course est encore longue et je le sais ! 14918980_1464344433580646_3034688227064554432_o La montée qui suit sera difficile, les sensations sont moins bonnes mais je tente de gérer pour passer ce moment difficile mais les encouragements derrière moi se densifient et je ne serais pas étonné de voir d’autres coureurs revenir de l’arrière ! Je perds un peu de terrain sur le duo français mais je m’accroche et dès que les parties techniques reviennent, je retrouve des sensations, je me booste et retrouve en point de mire le duo ! Je fais la jonction et poursuit sur mon rythme, dans un premier temps je me détache puis Aurel revient, nous arrivons ensemble à Soajo, km 65 ! Quelle belle surprise j’aperçois Chris et sa petite famille venu spécialement de Suisse en mode surprise, je sui vraiment ému de voir mon filleul !un bisou et je repars pas le temps de s’attarder l’arrivée n’est plus très loin ! A Soajo, un des bénévoles qui m’aidait a du mal à remplir ma gourde et Aurel repart bien plus vite, j’accuse environ 45 sec 1 min de retard et je quitte le ravitaillement lorsque Michel arrive, quelle bataille! La suite, une montée de 800 D+, la dernière grosse bosse du parcours ! Dans la première partie roulante, je retrouve des sensations et je pense revenir sur Aurel mais dès que la pente devient plus raide je marque le pas et ne parviens pas à rentrer ! Je me retourne…Tofol est revenu de nulle part et me suit à la trace ! Décidément pas de répit, va falloir se secouer le cocotier jusqu’au bout pour faire un top 10 ! Je bascule et je ne vis plus Aurel par contre en m’arrêtant à une fontaine pour recharger de l’eau, Tofol est 20 sec derrière ! Je me lance corps et âmes dans la descente qui est très difficile et technique dans sa première partie puis un peu plus roulante ! Au ravito du km 72, le dernier, en rentrant, Aurel sort, Maya me ravitaille et me dit go il te reste 45min d’effort donne tout ! Dans ma tête, je ne réalise pas tout de suite mais 13km et 300 D+ en 45min c’est quand même un sacré sacré temps ;-) Je repars et Tofol rentre ! La bataille est lancée à trois pour la 6ème place mais sauf catastrophe, on devrait s’assurer un top 10 ! Je connais ces derniers 13km et ils sont terribles, tout en relances, pas de répit et les petites côtes sont de vrai murs ! Après 15 min, je reviens sur Aurélien qui semble perdu, je l’avertis que Tofol n’est pas loin derrière et je poursuis sur mon rythme. Peu à peu je le distance mais les kilomètres avancent lentement, je donne tout en me disant que si qqun devant n’est pas bien on ne sait jamais ! Je relance dès que je peux et les jambes répondent encore bien par contre l’eau commence à manquer. Et Hop, le premier mur (70-80 d+ mais raide), je l’attaque tambour battant, en haut je me retourne et deux coureurs sont à mes trousses, Aurélien (au milieu de la bosse) et Tofol (en bas de la bosse) ! Décidément, le turbo doit rester jusqu’à la ligne en espérant qu’il ne surchauffe pas ;-) Je me jette dans la descente comme un meurt de faim et j’attaque la 2ème bosse (40-50 D+), je creuse l’écart mètre par mètre mais que ça devient dur, nouvelle descente, je prends quelques risques mais comme je suis encore lucide tout se passe bien ! J’ai soif…aïe aïe aïe ! Enfin la 3ème petite bosse plus courte arrive et je décide de ne pas me tourner, on vient de passer le 80ème km il reste 5km dont une descente raide et piégeuse, je décide de m’engager totalement pas de retenue, si je l’aborde bien, ils ne pourront pas revenir ! En bas de cette descente il me reste 2.5 km sur un parcours très vallonné ou des relances non répertoriées sur le profil font super mal aux jambes ! Je manque d’eau et heureusement que nous sommes en forêt et que le soleil ne tape pas sinon gare à la déshydratation ! J’arrive enfin sur l’asphalte, d’habitude je n’aime pas la route mais là c’est synonyme d’arrivée et ça après une telle bataille, c’est un énorme soulagement, le sentiment de devoir accompli, d’avoir bien fait les choses même très bien ! Je suis 6ème des mondiaux de trail ! Qui m’aurait dit ça, je ne dis pas il y a 3 ans mais même en début de saison ?! Et bien en tout cas je ne l’aurais pas cru ! Je traverse le pont, Chris, Jess et Raph, mon filleul, sont là, ni une ni deux je ne réfléchis pas et l’emporte au passage, quel bonheur de franchir la ligne avec lui dans les bras, il est aux anges, c’est merveilleux, par contre pour moi c’est compliqué, les derniers mètres sont difficiles, la lucidité s’en va et j’ai soiffff…… ;-) Mais je suis comblé de bonheur, je vois Maya et mes cousins venus de Galice exprès pour me voir à l’arrivée ! 2n6a0157 Des moments uniques et une performance au-delà de mes espérances ! Ce fut une expérience extraordinaire de représenter la Suisse parmi toutes les grandes nations, très fier de l’avoir fait ! Je crois que nous pouvons être fier de notre résultat avec une 8ème place par équipe chez les hommes et une 5ème chez les femmes avec une très belle 6ème place chez les femmes de Kathrin Götz ! Hop Suisse ! C’est expérience fut belle et sûrement à renouveler mais je ne me vois pas personnellement préparer chaque année un championnat du monde, pourquoi me demanderez-vous ? surtout compte tenu de mon récit et de l’expérience vécue… Mais d’autres courses me font plus rêver et représentent beaucoup plus notre sport en terme d’ambiance, d’esprit et d’émotions. Le fait de partager une course avec tous les coureurs populaires reste l’essence de notre sport et les émotions vécues à la Diagonale des fous, à l’Eiger, à l’UTMB ou encore à la Transgrancanaria sont incomparables ! Le niveau de cette course était terrible, les efforts pour arriver à un tel résultat ont été conséquents également et je suis très fier d’avoir porté haut les couleurs suisses mais ce qu’il me reste de cette journée, hormis de super échanges avec les français et Luis alberto, n’est pas gravé à jamais ! Cette course et ce résultat peut m’aider à faire connaître mon sport mais il ne m’a fondamentalement pas changé, je n’en sors pas différent… par contre, il y a eu un avant Diagonale 2015 et un après, un avant UTMB 2014 et un après, … 15196049_922527444546802_1966030098586318925_o Cette course était taillée pour un championnat et le fait de ne pas voir des coureurs populaires enlève un charme indéniable, la longueur de l’aventure également, 8h54min qui sont passé très rapidement, trop rapidement pour traverser de grosses périodes de doute, de remise en question, trop rapide pour réellement lutter contre soi-même. Nous sommes à la barrière de l’Ultra et la différence avec un 100 miles reste monumentale, l’expérience de vie également… Un Ultra te fait rentrer dans une autre dimension, il te sort totalement de ta zone de confort et j’en suis persuadé maintenant, il faut l’avoir vécu pour le comprendre, une image vaut mille mots, un Ultra vaut mille Trails ! Merci à tous ceux qui me soutiennent et m’encouragent, vous m’avez poussé à donner le meilleur de moi-même ! Merci à mon coach Eric pour la préparation parfaite et mon sponsor Compressport pour me permettre de réaliser ces aventures! Vous êtes au top!   ****English below Well, here I am, back from my first IAU Ultra Trail World Championships, supported by the IAAF. A great experience in representing Switzerland and living with the Swiss team for 3 days! Different emotions, an incredible and outstanding level, with the participation of the best runners of this type of distance coming from Spain, France, Great Britain, Germany, USA, Nepal, Portugal, Italy, Argentina, Brasil, etc… It started with a very nice and simple opening ceremony in Braga on Friday afternoon before getting ready for an early 5am start on Saturday morning. Everything is ready, I feel in real good shape and confident! This season has already been a great success for me but very eager to test myself (or my preparation) on such a high level and shorter than usual race! After a fast 1k at 17-18 km/h, we start the first climb of the day. The Frenchies and the Spaniards are leading the pack! I feel comfortable in the middle next to Luis Alberto Hernando and Ludovic Pommeret (not so bad references ;-)). In the first downhill, I try to replace myself in fifth position because the pack is becoming nervous in this technical part… Some guys fall, others not realizing that we are only at the km 8 of this 85k race are unwisely trying to gain some positions…. After 10k, a sudden jam appears at one of the river crossings and as I am trying to avoid the water by stepping on a stone, Scotty hawker could not stop in time and accidently push me into the river… Ouch! The legs are totally wet after 10k! I just hope that my feet will dry fast to avoid blisters. I am feeling really good, easily keeping the pace, then decide to accelerate a little bit in the last big downhill before the first checkpoint at 30k to have the time to take the sticks and eat something. I pass in 2nd position, WAW! 2nd in the World Championships but we are at least 10 or 15 in this 1st group with all the strong guys and this is just the beginning of the race! I leave the checkpoint in 7th place. After 32k, we are in a steep uphill, 5 Frenchies are in the front followed by Luis Alberto and I, just behind us was Tofol and 30 sec behind the rest of the guys. At this moment, Luis Alberto comes up to me and askes: « Are we the leading group? » , I say « Yes » , He says « Thanks, mate » and goes closer to the French guys and says « Vive la France! ». They all laugh as he suddenly accelerates his pace and passes them. Nico Martin and Sylvain Court are the only ones who follow him, behind them is a group of 3 work together Benoît Cori, Michel Lanne and Ludo Pommeret. I am a bit behind with Tofol, in 7th and 8th place, and decide to maintain my pace, for the moment, and not to give more to follow. In the downhill that followed, Tofol detaches and I can see the 3 Frenchies 300m in front of me. I stay conservative, the race is still long and very tough. Then came the biggest uphill of the day, the “Serra Amarela”, which I start to climb in 7th position. I am feeling good and try to catch up to Michel who is having some difficulties when in the last 300 m+, I run out of water and feel really thirsty… Luckily, I know that a small aid station is situated at the top ! I arrive 30 sec after Michel and 30 sec later comes Aurélien. What a race, 10 or 15 min of feeling weaker and directly two or three guys are catching up to you! No time to rest, we leave the aid station together! In the downhill, I miss one of the numerous holes in the ground, I fall and hit hard my knee. Michel and Aurélien stop next to me to check on me! This is real sport, this is our sport, as long as guys like them will be on the trails, our sport will maintain its values and solidarity! I tell them that everything is ok and to continue their race! After the initial wave of pain, I stand up, assess the damage and find a bloody knee and some cuts on the arms, hands and legs. No time for to waste, this is after all the World Championship and this chance does not come around very often! I walk for the next 20 meters and then start running down again as if nothing happened! I manage to pass Michel and Aurélien! At the 55k aid station, I am really happy to see my team, Maya and the friends, I change my shoes, eat something and leave after Michel and Aurélien who did a very fast stop! In the following 10k, I pass through some difficult moments but stay focused on my objective and catch up to the French duo before arriving at the small aid station after 65k (Soajo)! I am in 7th place and I know that from now on the fight for the positions will start! Aurélien leaves the aid station while a volunteer is desperately trying to fill in my water. As I leave to begin the last big uphill, Michel who is having some problems arrives. I slowly gain on Aurelien but at the end of the uphill, I pass through another difficult moment and can see Tofol closely behind and 2 guys just behind him pushing strong! Oh my God! No time to breathe, just going to have to push on the turbo for the last 18k! In the following downhill, Tofol is just 50 meters behind me and I cannot see Aurelien anymore! I decide to push and give it everything I’ve got! It is time to race!!! The downhill to the last checkpoint starts out very technical. As I arrive to the 72k checkpoint, Aurelien who arrived 45 sec before was leaving! Maya hands me the water and tells me that there is only 45 min of effort left! I give her a kiss and leave as Tofol is arriving… I think about what she just told me and realize that 13k and 300m D+ in 45 min is a hell of a time ;-) I loose no energy looking behind, I want to do my best and try to get closer to Aurelien. I catch up to him after 15min, he is feeling a bit lost, I alert him that it is coming fast from behind and continue on with my rhythm. In the last 3 small but very steep, wall-like, uphills, i can see Aurelien 45 sec behind and Tofol 45 sec behind him… I run out of water and start to worry in the last 5km because the sun is strong and it is 26°C heat! I maintain my speed and after a wonderful battle, I cross the bridge of Arcos de Valdevez with nobody behind, what a nice feeling! Final, what an amazing moment, to carry my Godson in the last 200 meters and finish with him! My family from Galicia (cousins) is here, as well as my parents, Maya, her Mom and incredible friends! 6th on the IAU World Championships…Waouuuhh! Very happy with this performance and proud to have represented the colors of Switzerland! Big thanks to all of you for the support and the messages and to my coach Eric for the perfect preparation and to my sponsor Compressport !        

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DIego Pazos

DIego Pazos

Tombé dans la marmite du Trail et de l'Ultra Trail en 2012. Je parcours les crêtes et les sommets à la recherche d'aventure, de découvertes et d'émotions.

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