"Seul la longueur et la dureté de l’aventure permettent de se retrouver avec soi-même, de réaliser un voyage intérieur au plus profond de son corps et de découvrir des ressources morales et physiques jusqu'alors insoupçonnées. Le corps humain est une machine tantôt surprenante tantôt merveilleuse avec une capacité d’adaptation hors du commun"

Transgrancanaria 2017 – Au bout de l’effort

Première aventure de l’année 2017 avec une 8ème place dans les bagages. On s’habitue aux Top 5 ou aux places sur le podium mais cette course m’a surtout appris que pour faire ce genre de résultats à ce niveau, il faut que tout se passe parfaitement tant physiquement que mentalement. Au final, un sentiment partagé entre déception et grande satisfaction ! Oui je sais, c’est un peu bizarre…mais c’est la beauté de ce sport qui nous fait passer par ce genre d’émotions aux antipodes. A vos lunettes et venez découvrir mon récit ! et ma fiche technique de la course… A l’heure où je vous écris, mes doigts sont toujours meurtris. A chaque fois qu’ils entrent en contact avec le clavier, l’information qui me remonte est différente, modifiée, je n’ai plus la même sensibilité et par-dessus tout, des fourmillements entravent ce signal pourtant si spécial et agréable. Mon sens du « touché » est altéré… Un petit retour en arrière s’impose…. Après une arrivée à Maspalomas sur l’île de Gran Canaria dans la nuit de mardi à mercredi, mon nœud pap et moi profitons des deux jours suivants pour se reposer, faire le vide sur un quotidien bien chargé, répondre aux quelques sollicitations médiatiques, participer à un photoshooting pour mon partenaire Compressport en attendant Maya qui me rejoint dans la nuit de jeudi à vendredi. Le grand départ c’est pour vendredi 23h! La journée de vendredi est dédiée au repos le matin puis à la préparation des ravitaillements dans l’après-midi…un souper et il est déjà l’heure de filer vers la ligne de départ en emmenant dans la voiture Andrea Huser et Ildiko Wermescher. Nous arrivons à Agaete au Nord de l’île à 21h50 alors que le départ est à 23h. Le temps de finir les préparatifs et de se dégourdir les jambes avant de se diriger sur la ligne de départ. Un plateau de coureur très imposant avec une densité qui ne fait qu’augmenter. En deuxième ligne, j’attends le GONG libérateur…la tension monte mais je me sens étonnamment calme et tranquille, presque trop, pas de boule au ventre, aucune pointe de stress. J’en profite pour consulter mon matériel et pour m’assurer que tout est en ordre afin d’optimiser mes automatismes d’alimentation. Je regarde ma montre et BOOM c’est parti ! Une première montée très longue de 1400 m+… Je me place aux avants postes, Pau prend les commandes à une allure très rapide, Jordi le suit à quelques mètres avec le lituanien Vaidas Zlabys, je mène un duo avec Daniel Jung quelques mètres derrière, puis j’aperçois en contrebas le flux magnifiques de frontales et surtout le tenant du titre Didrik Hermansen qui pointe le bout de son nez. Dans la montée, à bon rythme, les écarts se creusent légèrement et au sommet je fais la jonction avec Jordi et Vaidas, j’emmène dans mon sillage Jung. Seul Pau reste devant mais vraiment pas très loin. Nous passons dans des temps inférieurs à l’année derrière et la course est d’ores et déjà lancée sur des bases très très rapides. Les sensations sont bonnes sans être extraordinaires, les jambes répondent mais je ne me sens pas dans une journée fantastique… Mais reprend toi voyons ! Nous plongeons dans la première descente technique et je me réjouis d’arriver dans un terrain qui me plaît et qui me convient d’ordinaire parfaitement. Sauf que parfois les choses ne se passent pas comme on le voudrait. Je commence par me tordre la cheville, ce qui est rare chez moi, je ressentais une certaine instabilité suite à des douleurs sur l’avant du pied contractées il y a trois semaines de cela. Dans la foulée, mes lacets se défont, étonnant compte tenu du laçage en boucle réalisé spécialement… Je ne me sens pas à l’aise, mes trajectoires sont incertaines, je manque de tomber à plusieurs reprises et ces contretemps me font perdre de vue mes 3 acolytes… D’un coup, je tourne à gauche sur une petite crête, puis je ne vois plus de chemin…M… je me suis loupé ! Je me retourne, je ne vois pas de frontales, un petit écart a été creusé avec la suite des coureurs mais je dois remonter sur 150 mètres pour retrouver le chemin qui partait en fait à droite ! Je m’en veux car j’ai laissé filer le bon train où je me sentais bien, je vais devoir produire un effort pour combler ces 3-4 minutes de perdu et vu le niveau, cela ne va pas être chose facile ! Je me sens absent de nouveau, comme si je n’arrivais pas à me concentrer en descente, dans un exercice qui me plaît pourtant énormément ! Au ravitaillement de Tirma (en bas de la 1ère descente), une deuxième montée de 1000 m+ nous attend et je sais que je dois avoir 6-7 minutes sur la tête et 3-4 min sur le groupe de chasse ! Ah si j’avais géré normalement cette descente !!! Même sans attaquer ! Quel dommage, mais en Ultra, il ne convient pas de retourner les situations dans tous les sens et je me lance le défi de revenir sur le groupe de chasse que je n’ai plus en point de mire à Artenara au ravitaillement où je verrais Maya pour la 1ère fois ! Come Back Je prends mon rythme en montée et derrière moi personne ne revient, je juge mon rythme plutôt bon et j’aperçois de temps en temps les trois frontales dans les contreforts un peu plus haut. Après plus d’une heure de montée, je pense m’être rapproché de ce groupe et en arrivant à Artenara, je vois qu’ils repartent. Je fais un ravito éclair avec Maya. Je n’ai rien besoin de spécial car tout va bien, on peut continuer comme prévu, c’est parti pour la suite ! Je les reprends assez facilement dans une partie vallonnée et Vaidas se met dans ma foulée avec Jordi à 100m. Pas de répit, le rythme est soutenu, je me sens fort mais je sais que la course est encore longue, je sens qu’ils souffrent derrière alors que je suis plutôt à l’aise. Je décide de rester sage, on aperçoit une frontale devant… c’est Pau, il doit être à 1min d’après mes estimations ! On revient à 30 secondes peu avant le ravitaillement, je ne veux pas faire l’effort tout de suite pour le rejoindre, ça ne sert à rien du moins c’est ce que je pense à ce moment-là et je ne le reverrais plus malheureusement ! Au ravitaillement de Fontanales, j’estime mon retard à 1min avec Pau et 30 sec sur Vaidas qui ne s’est pratiquement pas arrêté, Jordi est dans mon sillage ! Dans une grosse descente sur du béton, nous n’arrivons pas à recoller à Vaidas qui avec ses énormes enjambées déroule à toute vitesse ! Nous filons ensuite à un très bon rythme vers Villaseca puis Teror. Je ne me sens toujours pas à l’aise en descente, mes appuis sont incertains, mes trajectoires aléatoires, je glisse beaucoup et j’ai perdu ce « feeling » que j’ai d’habitude en descente. Elles se transforment en chemin de croix au lieu d’être un moment de détente et de plaisir. Normalement les descentes sont mon petit sugus, un moment où je peux m’exprimer pleinement, où je me sens libre et aérien ! Aujourd’hui c’est sauve qui peut, des chutes, des glissades, des frayeurs et surtout une perte d’énergie au-delà de la moyenne ! Que de retournements… J’ai fait le choix de reprendre mes bâtons à Teror car une montée terrible de presque 1500 m+ nous attend ! Le ravitaillement est express avec Maya qui est aux petits soins, je ne demande rien de particulier car tout va bien, mais ça commence à devenir difficile, on aborde une partie capitale de la course (55ème km). Nous entamons la montée ensemble avec Jordi, nous nous relayons dès que l’autre faibli quelque peu, nous estimons que notre rythme est plutôt bon et c’est vraiment agréable de partager des moments en course avec un ami et si on peut s’entraider encore mieux ! D’un coup, alors que nous sommes toujours 3 et 4ème, Jordi me dit: “qqun revient”, on voit une frontale se rapprocher à une vitesse ahurissante compte tenu de ce que nous avons d’ores et déjà parcouru ! Nous n’arrivons pas à le reconnaître…et pourtant, il s’agit de l’ami Max Cazajous, il reste 5min avec nous, nous échangeons nos impressions, toujours un plaisir de revoir Max même si à ce moment de la course, on s’en serait passé ;-). Il nous double et file vers l’avant, avec Jordi on se dit qu’il part pour tous les reprendre tellement son rythme est impressionnant…De mon côté, depuis les premiers virages de la montée, j’ai froid aux mains malgré mes gants, je tente de m’activer sur la poussée de bâton ou tant bien que mal de faire des mouvements pour les réchauffer mais je ne sens plus une grande partie de mes doigts… L’Ultra est une science, la science du pacing et de la gestion, on peut s’emballer mais il faut se connaître au risque de le payer ! On doit tous se battre avec notre for intérieur contre cette force qui nous donne des ailes dans les moments d’euphorie car par la suite, souvent, la tempête pointe le bout de son nez et on prend « une volée » comme on dit dans le jargon ! Après 10 min, nous apercevons à nouveau frontale mais devant nous cette fois… qui est-ce ? Vaidas, Pau ou Max…mais ce dernier paraissait si fort ce n’est pas possible… Et ben si !, nous le rattrapons et lui demandons si tout va bien, il se marre et nous dit qu’il a pris une….volée…la fameuse ! mais le bonhomme est costaud et nous le reverrons certainement un peu plus loin ! Nous continuons notre ascension à un rythme constant mais soutenu ! Soudain à quelques 150 m+ du sommet, nous apercevons une autre frontale…la démarche est sans équivoque, il s’agit de la grande carcasse de Vaidas, l’ami lituanien ! Il semble mal, nous lui demandons s’il a besoin d’aide mais il ne répond pas vraiment, nous poursuivons, il ne peut pas suivre… nous sommes 2 et 3ème !!! Dans la descente sur Tejeda, je me rends compte que mes urines sont tout de même bien teintées de rouge et je ressens de plus en plus un blocage à ma cheville gauche, un peu comme si je n’avais pas toute ma mobilité, je n’arrive pas à trouver des appuis dynamiques et aériens comme j’aime d’habitude le faire… Nous arrivons ensemble à Tejeda où Maya me passe des chauffettes pour mettre dans les gants, le soleil se lève gentiment mais mes doigts sont toujours gelés et bien blancs ! Je m’alimente bien mais notre arrêt est assez express, en repartant on entend Max Cazajous qui arrive, il s’est refait une belle santé et a dépassé le lituanien ! La galère… Sur la partie de bitume avant d’aller chercher la montée au Roque Nublo…un revenant nous rattrape, le bon vieux Vaidas qui s’est lui aussi retapé et repart à l’assaut, son rythme sur cette partie en faux plat montant et plutôt impressionnante et son allure n’a plus rien à voir avec ce qu’il montrait 40 min plus tôt ! En direction de Roque Nublo, je ne peux toujours pas m’alimenter et mes urines restent rouge, Maya m’a donné une gourde avec de l’eau uniquement, sans électrolytes ou boissons de l’effort afin de moins faire travailler les reins, j’espère que ce changement me permettra d’éclaircir cette histoire. En attendant, impossible de m’alimenter et je dois m’arrêter pour essayer d’attraper qqch avec des doigts tétanisés par le froid ! Heureusement Max, revenu à ma hauteur me nourrit carrément en me mettant un gel dans la bouche. Pendant ce temps, Jordi m’a distancé, il me crie depuis en haut pour savoir si ça va, je lui réponds de continuer, après tout c’est à moi de trouver des solutions et il n’a pas à sacrifier sa merveilleuse course, surtout que je ne suis pas en danger et que Max monte avec moi ! Nous allons continuer comme ça jusqu’au Roque Nublo ! D’ailleurs nous arrivons ensemble au pied de cette roche mythique de la TGC qui symbolise aussi que le gros du dénivelé est derrière nous…mais ce qui ne veut pas dire que l’arrivée et au détour du Rocher, loin de là et je vais en faire l’amère expérience ! Le dernier marathon peut s’avérer terrible et il le fut… Tout d’abord, Max ressent un net coup de moins bien entre Roque Nublo et Garañon, ce qui fait que j’arrive seul en 4ème position au ravitaillement comme l’année passée et comme l’année dernière avec qqun juste derrière ! sauf que cette année mes mains sont toujours gelées et que je ne peux rien tenir, je me ravitaille tant bien que mal et je confie mes soucis à Maya et l’équipe Compressport qui sont là pour me soutenir ! Quel soutien d’ailleurs ! Après un contrôle matériel rapide, je repars, on me dit qu’avec le soleil tout ira mieux, je continue à l’eau sans électrolyte d’un commun accord avec Maya pour tenter de diluer mes urines toujours rouges. Je repars mais je ne peux à peine pousser sur les bâtons, je me dis que j’aurais dû les laisser à Garañon… ces 300 m+ jusqu’au Pico de las Nieves vont devenir un long chemin de croix ! Max me rejoint peu avant le sommet et là où d’habitude j’aurais gambadé sur la partie vallonnée et dans la parie descendante jusqu’à Tunte, je me retrouve avec de très mauvaises sensations, la tête plus préoccupée à régler mes problèmes d’insensibilité des mains et d’urine rouge… Version censurée : Après presque 4h avec les doigts blancs sans retour sanguin, je commence à m’inquiéter pour mes phalanges ! Après tout et bien que ce soit un gros défi, ce n’est que la Transgrancanaria et non pas la traversée du cirque polaire à la Mike Horn, je n’ai pas envie d’y laisser quelques doigts ! La seule solution qui me vient à l’esprit sur la crête sur le Pico de la Nieves est d’uriner sur mes doigts…je vous passe les détails puisque mon urine n’était pas très clair mais quoi qu’il en soit ça m’aide à retrouver un peu de sensations aux doigts même si c’est pas encore la libération. Dans cette opération, je perds un temps monstrueux et bien évidemment j’ai perdu le fil de ma course, je suis passé en mode survie, dans mon esprit seule la ligne d’arrivée compte ! Je m’engage dans la descente vers Tunte, le soleil commence à taper fort mais malgré cela j’ai encore besoin de mes gants, situation absurde puisque j’ai chaud sur le reste du corps mais les mains toujours très très engourdies ! Dans cette descente, sur ce sentier fait de pavés inégalement répartis, je souffre, ma cheville gauche bloquée me fait souffrir sur chaque pas tout comme un ongle du pied droit qui dira bye bye suite à cette course ! C’est une constante dans cette course, je ne suis définitivement pas à l’aise en descente et je bois le calice jusqu’à la lie ! Le pire c’est que je sais ce qu’il me reste à faire ! Didrik me dépasse, puis Anthony Gay…je suis 7ème, impossible de réagir, je tente de m’hydrater un maximum tout en pensant à mes urines…Forcément ma course prend une toute autre direction, je passe de me battre pour le podium à me battre pour ma survie et surtout à me battre contre mon esprit qui me pousse à ralentir, à chercher des excuses pour faire une pause. En fin de compte, je suis dans une de ces phases en Ultra où l’on voit tout négativement…non seulement j’ai des soucis mais les sensations ne sont pas bonnes du tout et je suis incapable de relancer la machine ! Mon esprit interprète tous les signaux de mon corps de façon négative, il veut que je m’arrête ! Je le sais, je me prépare à ce genre de situation et pourtant c’est tellement dur de lutter quand ça se produit en course ! Je me dis que je devrais quand même consulter le service médical à Tunte mais à 2 km avant le ravito, je vois que mes urines sont de nouveau plus claires… Tiens Bon ! Je décide donc de poursuivre l’aventure sans m’arrêter trop longtemps ! Il me reste 30k qui seront très longs mais il faut résister maintenant, serrer les dents et tenter de se remettre dans la course ! Mes mains vont mieux, mon urine c’est éclairci et je me dis que je vais pouvoir relancer correctement ! Les choses ne sont pas si faciles, je me bats, je vais puiser au fond de moi ! Je suis passé depuis plusieurs kilomètres dans une autre dimension, la performance passe au second plan même si c’est difficile de l’accepter, je ne fais pas de plans…je suis 7ème mais peut-être que dans 5k, je serais 15ème, qui sait ? J’aborde les prochains 300 m+ en me concentrant sur mon corps, je ressens chaque pas, je suis à nouveau dans ma bulle…les sensations ne sont toujours pas bonnes mais qu’importe l’objectif se rapproche ! Dans la longue descente vers le dernier ravitaillement d’Ayagueres, je reprends même un peu de plaisir mais qu’est ce que mon pied gauche me fait souffrir et je ne suis absolument pas aérien, je subis comme rarement auparavant en descente ! Personne ne revient sur moi pour le moment mais je n’aperçois plus personne devant non plus…mon ongle m’indique qu’elle est entrain d’agoniser et que ce dernier semi-marathon sera probablement son dernier, je tente de le réconforter, de l’accompagner dans ces dernières heure de vie pour qu’il me laisse en paix mais il n’est pas toujours très coopératif….se rattacher à la vie est plus important que de me faire plaisir… Au ravitaillement de Ayagueres, je retrouve Maya que je n’avais plus revu depuis Garañon, elle a suivi ma « descente aux enfers » sur Internet et ça devait être terrible pour elle ! La famille Compressport est là aussi, quel bonheur de les retrouver, encore plus quand les choses ne vont pas bien… Je mets mon débardeur pour affronter le dernier semi dans le canyon où la chaleur est accablante ! Sur la table, je vois du melon, j’en salive et je me jette dessus ! quel bonheur, retrouver ces saveurs, cette fraîcheur !2h30 plus tôt, je tentais le tout pour le tout pour me réchauffer et maintenant, la chaleur prend possession du terrain et la problématique est inversée ! Mais mentalement je préfère cette inconnue de l’équation du moins aujourd’hui après ce que j’ai vécu ! Marche ou Crève… Stephen King m’avait passionné avec cet ouvrage « Marche ou Crève» et cette fin de course va me rappeler certains passages de ce roman ! Alors que la dernière montée se passe plutôt bien malgré la fatigue qui se fait sentir, la descente dans le canyon est une souffrance pour mes pieds et ma cheville ! j’alterne marche et course mais à ce rythme je n’avance pas bien vite ! Dans le canyon je m’efforce de tenir un rythme de 12/13 km/h, je ne peux plus faire mieux, l’adrénaline d’une bataille en fin de course n’étant malheureusement pas présente, il faut faire avec les moyens du bord ! Sur ma montre, il reste 10km, un panneau l’indique d’ailleurs… D’un coup, deux kilomètres plus loin, une foulée se rapproche puis me dépasse…Benoit Girondel me dépasse, on se salue mais je ne peux m’accrocher, mon aventure m’a laissé trop de séquelles pour avoir l’énergie de courir 2 km/h plus vite ! Il m’indique qu’Andy Simonds est à moins de deux minutes derrière ! Pardi, il reste encore plus de 7km et j’ai Andy Symonds aux trousses, vais-je résister ? je passe en mode guerrier mais le guerrier de compétition pas celui de survie !Je n’arrive malheureusement pas à augmenter le rythme, je reste donc vulnérable à cette allure face à qqun qui finirait fort, il faut que je pousse…Après 4 nouveaux kilomètres dans la caillasse de ce canyon, je crois être rentré dans les 4 derniers km mais un panneau indique 6 km pour l’arrivée ! Mais comment est-ce possible ?! A ce rythme j’aurais 128 ou 129km ! Je suis concentré, je donne tout, je tente des relances avec l’énergie du désespoir, arrivé si proche du but ce top10 je le mérite et je ne compte pas le laisser m’échapper !Je mourrais les armes à la main ! Je rentre dans le lit de rivière asséché et je vois le panneau de 5km mais que ces km sont bizarres, ils ressemblent à des miles plutôt ! Je n’aperçois personne derrière moi et pourtant…je sens l’odeur du prédateur, je suis la gazelle (qui entre nous n’a plus rien d’une gazelle ;-)) qui tente de fuir le véloce guépard ! 3 km de l’arrivée…on retrouve l’asphalte et le dernier ravito…on me tend de la nourriture, je souris car je passe comme si j’étais possédé par Zach Miller ! Le dernier kilomètre, qu’il est bon celui-là, je ne serais pas rejoins et je retrouve des amis québécois qui, comme à leur habitude, mettent une ambiance du tonnerre ! Tabernacle ! Je suis toujours possédé et je ne relâche pas la pression, ma communication interne est la suivante : Mon esprit : Vas-y mon coco, continue à 16 km/h tu vas tenir bon Mon corps : Tu es gentil bonhomme, j’ai plus de charbon, toutes les manettes sont aux max et le compteur indique 13km/h ou 14km/h à tout péter alors détends toi ! La délivrance… J’entends le speaker, j’y suis, quel bonheur, les larmes s’agglutinent dans les coins de mes yeux mais pourquoi ? Je suis un volcan d’émotions dont de nombreuses sont contradictoires entre fierté et incompréhension, souffrance et délivrance, joie et déception…En apercevant Maya, tout s’efface et les larmes s’échappent comme si elles n’attendaient qu’elle pour submerger mes yeux marqués par l’effort ! Franchir cette ligne d’arrivée tant convoitée et toujours un défi que l’on fasse partie de l’élite ou que l’on se batte avec les barrières horaires. Une telle distance demande le respect, tout peut arriver et c’est souvent dans la souffrance et la difficulté qu’on en prend conscience ! Quand les événements sont favorables et que tout se passe comme prévu, on peut croire que c’est une formalité, ceci est une grave erreur qui, un jour ou l’autre, se retournera contre vous ! L’Ultra Trail est l’école de l’humilité, du respect et du dépassement de soi ! Certains ont besoin du service militaire pour leur fournir ces valeurs, je propose d’inclure l’Ultra les jeunes, et moins jeunes, en difficulté ! Au final, une belle 8ème place ! Décevante sur le moment mais avec le recul, je l’apprécie à sa juste valeur ! Top 10 dans une course du World Tour avec un niveau qui se densifie de course en course ce n’est pas rien et c’est pour ça qu’on s’entraîne ! Merci pour vos encouragements, votre soutien et vos messages plein d’énergie et de bonne humeur¨ Un grand merci également à ma ravitailleuse de choc qui a été parfaite avec l’aide de la famille Compressport. A bientôt pour de nouvelles aventures et promis le prochain compte rendu course viendra plus rapidement ! Votre serviteur, Zpeedy #Zpeedy #BowTieRunner #TrailYourLife #SmileYourLife #Compressport #Columbia #Takinoa #O2Score #Planet Endurance Fiche technique: En Chiffres… 8 Ravitos : 1.5l d’eau / 1.5 eau + boisson électrolytes / 5l Boisson de l’effort / 4 compotes / 4 gels (bien malgré moi) / 1 pate de fruit /10 dattes / 2 sparadraps Envi. 15’ : Temps passé sur les ravitaillements Utilisation des bâtons sur certaines parties du parcours Matériel : – Headband Compressport – 3D Thermo Ultra Light sans manches – Running T-shirt Compressport – Running shirt sans manches (à partir de Ayagueres) – Visière Compressport (à partir de Ayagueres) – Lunettes de soleil Décathlon (à partir de Ayagueres) – Manchons pour les bras Compressport – Gants Columbia – Underwear short Compressport – Overshort Compressport – Freebelt Compressport – Bâtons Black Diamond – Manchons de compression R2V2 – Sac Salomon adaptéd – Shoes : Columbia Montrail Rogue

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DIego Pazos

DIego Pazos

Tombé dans la marmite du Trail et de l'Ultra Trail en 2012. Je parcours les crêtes et les sommets à la recherche d'aventure, de découvertes et d'émotions.

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