"Seul la longueur et la dureté de l’aventure permettent de se retrouver avec soi-même, de réaliser un voyage intérieur au plus profond de son corps et de découvrir des ressources morales et physiques jusqu'alors insoupçonnées. Le corps humain est une machine tantôt surprenante tantôt merveilleuse avec une capacité d’adaptation hors du commun"

Maxirace XL race | Annecy

Concept : 1 course, 2 jours de compétition Jour 1 : Samedi départ 3h45 pour 44km et 2400m D+ Jour 2 : Dimanche départ 6h45 pour 38km et 2200mD+ (parcours de repli à cause des orages) Retour à la compétition après 7 semaines dont un mois sans entraînements pour cause de voyage de noces ;-). Autant vous dire que je craignais ce weekend même si l’objectif était clairement d’engranger des kilomètres et du dénivelé ! Objectif rempli mais que ce fut dur et même laborieux sur la dernière montée le dimanche mais à coup sûr ces moments me seront très utiles dans d’autres courses lorsqu’il faudra faire intervenir le mental. Ne jamais laisser tomber, toujours y croire et persévérer, l’Ultra est une école de la vie et ce dimanche, j’étais aux premiers rangs. Quand les jambes ne veulent ou ne peuvent pas suivre, d’autres ressources rentrent en scène et on vit la course différemment, une cure de modestie qui nous permet de relativiser et de valoriser encore plus les grandes réussites. Revenons sur les faits : Samedi : Réveil brutal à 2h du matin, je me prépare et nous nous séparons avec Maya qui reste au lit car ma championne de compagne court la Femina race (15km et 1000m D+). Au départ, je partage mon petit footing d’échauffement avec l’ami Yann Bessard, toujours un plaisir de le revoir, on se remémore ses souvenirs inoubliables de Verbier St Bernard 2012 où l’on finit main dans la main à la 3ème place ! Le départ est lancé avec du beau monde Tom Lorblanchet, Séb Chaigneau, Vincent Viet, Sylvain Perrin, Matthias Mouchart, Benoît chrétien, … Le rythme est soutenu d’entrée, à plus de 16 km/h à ma montre. Dès le début trois hommes se détachent avec quelques relais, je suis dans un deuxième groupe avec Séb Chaigneau. Les jambes sont lourdes, très lourdes, pas de jus et ça ne fait que commencer !je m’accroche et je me dis que ça va être long ! A la fin de la montée, je lâche légèrement Séb Chaigneau et je me retrouve en 5ème position car entre temps Sylvain Perrin nous avait lâché. Je me lance dans la descente, terrain que j’adore, je prends du plaisir avant la redoutable deuxième montée, très raide ! je fais du mieux que je peux mais j’ai vraiment du mal à mettre du rythme et à relancer !Je me fais violence en tentant de suivre les relais comme s’il faisait la même course que moi ! Deux descentes rapides et une dernière côte avant les 3 derniers kms de bitume où je donne ce qu’il me reste à une bonne allure ! Je m’attendais à être très loin mais au final je franchis la ligne 4ème à 6 minutes de Tom et 2 minutes de la 3ème place ! Les sensations n’étaient pas bonnes mais la performance est au delà de mes prévisions ! 1er jour La fin des haricots… Dimanche : Réveil plus doux à 4h15 pour un départ à Doussard à 6h45. On nous annonce que le parcours de repli est de rigueur car les orages sont menaçants. La première montée est donc amputée de 300 m D+. Je suis optimiste car j’ai l’impression que les jambes vont bien… Belle blague, après les 2km de mise en route, on aborde la première montée et je dois vite laisser filer tout le groupe des favoris, je me retrouve en 6ème puis en 7ème position. Je fais comme je peux pour limiter la casse en espérant que ça revienne, puis je comprends que ce n’est pas mon jour et que je paie le manque d’entraînement depuis plus d’un mois. Malgré des encouragements au top de ma chérie, de Sylvain et Guillaume de Compressport ou des nombreuses personnes au bord du chemin qui reconnaissent mon nœud pap ;-), rien n’y fait je n’avance pas, les cuissots sont en grève, ils ont signé à la CGT, ça tombe bien on est en France ;-) Mais moi ça ne m’arrange pas, j’ai plus de carburant ! 2èmeJour Je reprends un peu du poil de la bête lorsque la route se redresse ou redescend et je décide de faire l’effort dans la descente qui suit pour limiter la casse et tenter de raccrocher un groupe devant, je sais à quel point c’est difficile de courir en chasse patate sans point de repère. Au moment où j’appuie sur l’accélérateur, je sors d’un champ pour rentrer en forêt à toute vitesse et BIM, je me retrouve face à une barrière avec deux fils, ma trajectoire ne me permet pas de viser la petite porte qui sert de passage. La seule option qui me reste en quelques millisecondes c’est le saut… je m’exécute spontanément mais comme j’étais trop proche de la barrière ma jambe s’accroche au fil du haut et me fait basculer vers l’avant pour atterrir lourdement sur le sol, j’ai le réflexe d’orienter mon épaule pour éviter une luxation par contre j’entends un bruit sourd… je viens d’éclater ma gourde ! Je me relève, étonné de ne pas avoir plus de dégâts et je repars de plus belle en tenant ma gourde à la main. Je vais devoir tout boire maintenant, il reste environ 10km avant le prochain ravito, le temps sera long mais il me reste environ 100ml dans l’autre gourde. En repartant, je glisse à nouveau dans un virage, décidément, je dois me reprendre, je m’entaille légèrement la main sur un caillou, rien de grave je m’en sors bien mais c’est très inhabituel pour moi, va falloir sérieusement se reprendre pour ne pas finir en miettes. Après une descente raide mais courte, j’arrive sur un sentier en gravier assez large et maintenant va falloir courir et si possible vite pour recoller…Je fais l’effort les sensations sont assez bonnes sur ces portions. Après 10 minutes, j’aperçois au loin Séb Chaigneau et Sylvain Perrin. Je reviens peu à peu. Dès que la route s’élève à nouveau je sens que je n’ai pas de forces et que je perds irrémédiablement du temps. Malgré ça juste avant le ravito de Menthon, je double Séb et j’aperçois 100m devant Sylvain. L’opération « limitation des dégâts » s’est déroulée comme prévue ! Il me reste 15km et si j’arrive à limiter la casse dans le Mont Baron, je peux espérer une dernière descente de folie ! Je vois Maya qui, comme d’habitude, me remonte les batteries, sa présence me fait un bien fou mais je sais que les jambes sont à court de kms… En théorie mon plan semblait parfait, en pratique, il va s’avérer impossible à mettre en place, je n’ai pas de jambes dès les premiers contreforts de la montée et je commence à avoir de moins en moins d’énergie. Je suis avec Séb dans la première partie. On se fait doubler par Yann Nouri puis Séb me lâche au train, je suis incapable de réagir, cloué au sol, penché sur mes bâtons. Je déambule tant bien que mal dans les parties raides. Je reprends des coureurs du trail découverte mais il m’est parfois même compliqué de les lâcher. La véritable panne ! Je m’y attendais mais pas à ce point… Arrivé en haut du Mont Baron, je perds encore une place mais le classement est devenu anecdotique. Je donnerais tout jusqu’au bout mais en me déconnectant du classement. L’essentiel est ailleurs. Je m’engage dans la dernière descente, avec un niveau d’énergie inversément proportionnel à la pluie qui tombe. Puis, je retrouve un bon rythme en descente dans les parties techniques, je me fais plaisir en prenant quelques risques en slalomant entre les coureurs du trail découverte ! Je tiens à finir sur une bonne note et je ne relâche pas sur la portion au bord du lac, donner le meilleur de moi-même malgré des sensations moyennes à mauvaises, c’est l’essentiel et j’en suis fier ! Je termine 8ème de l’étape et je conserve ma 4ème place au général ! Un grand bravo à Tom, Vincent et Sylvain pour leur weekend et leur podium, un réel plaisir de discuter avec eux tout comme tous les autres que j’ai pu croiser de près ou de loin lors de cette belle épreuve. Et merci Séb pour ces quelques moments de partage en course, toujours aussi agréable! Un weekend choc difficile mais qui sera profitable pour la suite de la saison qui s’annonce passionnante et pleine de nouvelles aventures. Restez connectés!!! Un grand merci à Compressport pour le soutien et les belles discussions, à Carole Pipolo et à ma moitié pour sa présence. Arrivée

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DIego Pazos

DIego Pazos

Tombé dans la marmite du Trail et de l'Ultra Trail en 2012. Je parcours les crêtes et les sommets à la recherche d'aventure, de découvertes et d'émotions.

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